Le Blog de Adamito!

Adam Bouhadma, entrepreneur web et étudiant à ENSA Agadir !

Amghar, le poisson lumineux ! (Complet)

19 février, 2007 par Adam Bouhadma, dans Youssef Benaadi. 3 commentaires

Youssef Benaadi, jeune étudiant marocain en période d’examens, décida de tout laisser et partir à la pêche non loin de sa ville. Il a choisi un endroit assez désert, loin des surfeurs et des campeurs.


Une heure de route le séparait de cet endroit qu’il aimait pour son calme, le bus le déposa un sac au dos et sa canne dans la main, puis il se dirigea vers la mer. La descente ne fut pas aisée, même si Youssef est passé par ce chemin mainte fois. 5 minutes après, il s’installa sur un rocher inconfortable à 3 mètres de l’eau. Il était au milieu de nulle part, loin des soucis et des tracas de la vie, loin de la ville et son bruit …

Lancer après lancer, Youssef essayait de faire le vide, l’air marin lui provoquait une sensation très agréable. La mer était clame, et les petites vagues berçaient le flotteur rouge fluo fabriqué par le père de Benaadi.

Sa canne, qui lui a était léguée par son grand père, était levée tel un drapeau dans le ciel. Youssef regardait l’horizon oubliant la douleur du fil de nylon qu’il tenait avec son index.

Tout d’un coup, il entendit le fameux « Salam Alaykoum », venant d’un vieil homme, au quel il ne répondait pas, non par manque de foi.

Youssef était surpris, il croyait que le froid de Janvier allait faire renoncer même les pêcheurs les plus ardus, il fût aussi étonné que ce vieil homme aie pu descendre la falaise avec sa longue canne en bambou et son sac de confection artisanale.

Cet homme portait une lourde Djellaba en laine et une capuche lui couvrait la tête, Malgré son côté misérable, le vieux pêcheur dégageait une lumière mystérieuse. Par respect, Youssef lui céda de la place pour s’installer.Youssef attendait que le vieil homme lui parle, mais celui-ci ne lui prêtait pas attention.

De temps à autre, Youssef le regardait essayant de deviner son histoire à travers les rides tracées sur son visage.

Quelques minutes après son premier lancer, le vieux pêcheur remonta un poisson qui dégageait une lumière aussi forte que celle du pêcheur. Benaadi Junior n’a pas hésité de lui demander le nom de ce poisson qui lui était inconnu.

– Amghar. Dit le vieil homme tout en mettant cet étrange poisson dans son petit panier.

Amghar en langue locale, veut dire le sage et aussi un fonctionnaire autochtone désigné par l’état pour surveiller les endroits reculés du pays, Youssef s’efforça de deviner la raison de cette appellation en vain.

Un instant plu tard, le vieillard s’adresse à Youssef :
- Comment t’apelles-tu mon fils ?
- Youssef. répondit YB de telle manière à montrer qu’il n’était plus un enfant, puis il attendit que le villageois se présente.
- Moi c’est Haj Omar.

Haj Omar, pris une bonne dose d’air et s’adresse de nouveau à Youssef :
- Tu dois avoir 17 ans je présume, quand j’avais ton âge c’est ici que j’ai pris mon premier « Amghar », il devait peser 2 Kg et mon père refusa de m’aider. Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Le vieux pêcheur s’arrêta de parler, le temps de mettre un autre Amghar encore plus grand et plus lumineux que le premier. Puis il repris :
- Je viens ici chaque 1 et 15 du mois lunaire et je ne pêche que des Amghar.

A côté, Youssef écoutait avec intérêt et à part le petit saint-pierre qu’il a remis à l’eau, il n’a remonté aucun poisson, mais cela était sans importance, le charme du lieu et les paroles du vieil homme le comblaient.

Les minutes s’écoulaient et le vieil homme n’arrêtait pas de remontrer des Amghar, quant à Youssef, il a pris un beau bar, de quoi faire un délicieux tajine ! Ce qui intriguait Youssef, était que le petit panier de Haj Omar ne se remplissait pas, malgré le nombre important de poisson qu’il y avait mis !

La hauteur des vagues qui augmentaient inquiétait Youssef qui se préparait pour plier bagage.

- Reste encore un peu mon fils t’aura peut être la chance de remonter un bel Amghar. Dit Haj Omar, sans laisser le choix à Youssef.

Le jeune pêcheur suivit le conseil, et décida de rester et de retenter sa chance.
Avant que Youssef ne fasse un nouveau lancer, Haj Omar lui dit :
– Il faut lancer plus loin, près du rocher en face, et ne ferre pas avant la deuxième touche. C’est comme ça que tu attraperas un Amghar.

Après un lancer réussi, le jeune pêcheur a eu une bonne touche, il ferra à la deuxième touche comme lui avait conseillé Haj Omar. Ça tirait fort et la canne de Youssef, malgré sa rigidité menaçait de se casser mais notre ami ne comptais pas lâcher prise.

La lutte semblait interminable, Youssef allait lâcher mais il eut du courage en pensant au vieux pêcheur. Le combat de Benaadi avec le gros poisson ressemblait à un match de boxe, les deux adversaires luttaient de toutes leurs forces, mais Youssef eut le dernier mot, il est parvenu à monter ce poisson, qui n’était autre qu’un bel Amghar de 2 Kg ! Youssef contempla avec fierté sa belle prise pendant plusieurs minutes.

Après avoir mis le poisson lumineux dans son panier, Youssef remarqua la disparition de Haj Omar et son matériel de pêche aussi, cela rendit la situation plus intrigante pour notre ami.

Haj Omar est-il monté lorsque Youssef luttait avec le poisson ? C’est l’explication la plus réaliste que Youssef a trouvé.

Peu de temps après, Youssef ramassa ses affaires et remonta la falaise fière de sa joli prise. Une fois en haut, il remarqua un coquillage au centre d’un cercle dessiné au doigt.

Il ouvrit ce beau coquillage avec inquiétude, à l’intérieur étaient gravées ses initiales. A l’aide d’un fil de nylon, il le mit à son cou.

Youssef Benaadi était donc devenu, officiellement, membre de la confrérie des pêcheurs de Amghar !

Arrivé chez lui, il appela sa mère pour lui parler de sa sortie de pêche :
- J’ai passé une très belle journée, j’ai pêché deux beaux poissons !

Youssef chercha dans son sac, mais il n’y trouva que le Bar qu’il donna à sa maman. Le poisson Amghar avait disparu.

En allant dormir, Youssef toucha le collier qu’il avait trouvé en haut de la falaise, il décida de le garder toute sa vie, comme porte bonheur.

PS : C’est le texte avec lequel j’ai participé au Concours International d’Ecriture pour Adolescents, j’aurai dû vous demander votre avis avant mais le temps manquait !

A la semaine prochaine, avec une nouvelle chronique de Youssef Benaadi !

Partager:
  • Facebook
  • Digg
  • Google
  • DiggFR.com
  • Sphinn
  • del.icio.us
  • Mixx
  • BlogMemes Fr
  • Blogosphere News
  • Conseils Createur
  • Digg France
  • Fuzz
  • LinkedIn
  • Scoopeo
  • Tutmarks
  • TwitThis
  • Wikio FR
  • Blogasty

Publicité

3 commentaires

gravatar

sophia  le 18 février, 2007

se3date youssef, il a trouvé un endroit calme pour passer un beau moment :)

jolie histoire Adamito

Répondre à ce commentaire
gravatar

Steph  le 21 février, 2007

Youssef a bien raison de se changer les idées :)

Répondre à ce commentaire
gravatar

fight shirt  le 15 mai, 2010

Je suis impressionné par toutes ces informations utiles beaucoup plus intéréssant que prévu.Merci

Répondre à ce commentaire

Laisser un commentaire